J’vous ai pas raconté…

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Il me fallait des chaussures.

Oui, il m’en fallait.
Depuis le mois dernier, je m’entêtais à mettre mes super belles bottines en cuir marron, qui me collent aux pieds depuis 3 hivers. Elles sont belles, mes bottines. Personne d’autre ne les a (ou alors la fille n’a pas encore eu la chance de croiser mon chemin). Le cuir est faussement vieilli, elles sont légèrement pointues, elles ont une large sangle devant la cheville pleine de petites choses adorables (comme des têtes de mort), elles coûtent cher aussi, bref, elles sont Kate Moss : elles sont uniques.

 

Oui mais voilà. Elles sont cassées. La semelle cassée, en deux, une fissure digne d’un putain de fleuve qui traverse le pied droit de toute sa largeur et laisse la porte ouverte à tous les liquides dans lesquels je pose le pied.
Et bien que je ne sois pas du genre à laisser la porte ouverte à n’importe quel liquide (poésie), vue la fréquence à laquelle il pleut depuis le mois dernier, j’en ai eu, de l’humidité dans ma chaussure droite. Les chaussettes trempées à 9h du mat’, tenir avec une flaque d’eau d’un côté et la sécheresse de l’autre jusqu’à la sortie de la fac et l’évacuation des eaux le soir, ça va bien un temps ma p’tite dame (oui j’ai 50 ans).
Je ne cherche plus à savoir comment j’ai bien pu faire, moi qui ne suis pourtant que délicatesse et légèreté, pour casser en deux une godasse à 175 euros. On saura jamais.
Le deuil surmonté, j’ai décidé qu’il était peut être temps de les remplacer.
Ça tombe bien, j’ai vu un très beau modèle. Ça tombe bien, c’est mon anniversaire.

 

Ni une ni deux, je fonce chez Zara. Enfin d’abord, je fais une halte, à peine un détour (un autre centre commercial quoi), dans une boutique dans laquelle je compte juste regarder les combinaisons de surf. Juste. Sauf que, quand j’arrive, ils sont en train d’installer les vêtements de ski. Alors moi, les vêtements de ski, c’est comme les vernis : il me les faut tous, dans toutes les couleurs, dans toutes les marques. Fan.

 

Mon regard a été attiré par un vêtement d’un jaune pâle à faire pâlir ma grand-mère (pourtant déjà moins proche du blanc que du jaune) (j’irai tout droit en enfer). Je m’approche, je déplie, et là, comme dirait Michèle Laroque : de-quoi-est-ce-que-je-me-rends-pas-compte ? C’est un pantalon de ski.

 

« Il est magnifique, mais c’est pas sérieux, Laure » me dit mon Moi raisonnable (qui existe, si si, parfois il se manifeste).
« Profitez-en, ils sont à -50% et il n’en reste que deux » me dit un jeune garçon d’environ 19 ans que je trouve tout à coup particulièrement intéressant (« Il est magnifique, mais c’est pas sérieux, Laure », renchérit mon Moi raisonnable).

 

-50%. Alors qu’il était déjà à -30%. Et qu’avant ça, il avait déjà subi une réduction. Soit 40e le pantalon de ski Roxy. Je ne réponds plus de rien, je cours l’essayer, 2 tailles et 3 coloris différents en main (je sais sauter sur les bonnes occasions). Je tombe amoureuse de ce jaune pâle tellement joli, tellement chaud, tellement fun, tellement déjà à moi. Tellement pas utile puisque je ne vais pas skier cette année, mais c’est trop tard, le procédé est déjà lancé, j’envoie tout balader, ma mère, ma raison mon banquier et je passe à la caisse.

Je sors du magasin avec la BANANE et du tissu bien lourd dans un joli sac en carton, quand mon regard se pose sur mes pieds. Mes chaussures. Mes bottines. Toujours là, toujours éventrées.

Ah oui, c’est vrai. J’étais partie m’acheter des chaussures.
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