Catherine Deneuve lit la mode pour Arte et c’est une évidence.

Oui.

Si tu connais pas Loïc Prigent, c’est que tu traînes pas assez souvent sur Arte, Canal + et du côté de Twitter. Et c’est un peu une erreur, parce que le réalisateur et producteur de documentaires sur la mode peut te faire plutôt du bien. D’abord, parce que ses docu sont des mines d’or qu’on regarde avec attention, qu’on dévore et qu’on re-regarde une fois qu’on a réalisé la quantité de choses qu’ils viennent de nous apprendre sur les maux d’Alexander McQueen, l’audace de Naomi Campbell, sur Chanel et ses couturières et tant d’autres. Ils nous ouvrent l’appétit parce qu’ils nous ouvrent sur un monde bien particulier dont on ne perçoit que très mal la surface dorée si on n’y regarde pas de plus près. Alors, quand on comprend l’inspiration et la conception des défilés qui affolent autant la Fashion Week de Paris que celle de Milan, le reflet de la société qu’ils nous proposent, on voudrait plonger dans tous les documentaires et dans tous les livres qui soient pour comprendre le génie des créateurs, leur histoire, leur impact sur le prêt-à-porter féminin et, par conséquent, sur la vie des femmes.
Mais il faut aussi (et c’est tout le propos de cet article, 2 secondes J’Y VIENS, J’Y VIENS) s’intéresser à sa brillante idée de partager, sur Twitter, les phrases les plus folles, scandaleuses et condescendantes qu’il entend dans ce milieu. Y en a des tonnes, forcément. Elles semblent sorties d’une bouche vivant sur une autre planète et c’est sûrement le cas. Pour le pire ou le meilleur, ça, on n’a pas trop à en juger. Ce qu’on peut faire, par contre, c’est lire ces tweets et en rire.

C’est ce que fait Catherine Deneuve pour Arte à la rentrée. Et qui d’autre aurait pu sortir « La collection était hyper pute. Je dis ‘pute’, mais c’est pas péjoratif hein dans ma bouche » ou encore « Elle va manger au Flore, ça lui donne l’impression de lire » et faire de ces mots un tel régal ? Qui d’autre que la Séverine de Belle de jour qui portait des robes et des manteaux d’une ligne parfaite signés Yves Saint Laurent, que celle dont le personnage de Madeleine dans Les bien-aimés a commencé à se prostituer pour pouvoir se payer des chaussures Roger Vivier et arrêter de les voler, qui d’autre que celle qui porte un survêt’ Adidas et des bigoudis dans les cheveux dans Potiche, que celle dont les robes dans Les demoiselles de Rochefort sont encore bien présentes dans de très nombreuses têtes, que celle dont la voix dure et le débit si rapide peuvent lui faire dire les pires choses en toute impunité et, de surcroît, avec élégance ?

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Ces tweets collent peut-être avec l’image véhiculée par les photos et couvertures de magazines, celle d’une femme bourgeoise, froide et hautaine contre laquelle elle s’est battue pendant des décennies et que les rôles toujours plus transgressifs et dérangeants qu’elle a joués n’ont pas totalement, je m’en rends compte, réussi à enterrer. Tant pis. Vivement le 26.

– Quelle est la plus grande erreur qui ait été écrite ou dite sur vous ?

-Les erreurs, ce serait plutôt sur cette apparence que je peux avoir de froideur ou de sécheresse. Maintenant, je m’en fiche un peu, mais avant, ça me blessait beaucoup. Comme j’étais réservée et jolie en plus, on avait tendance à dire : « Mais pour qui elle se prend ? » Eh bien, je me prends pour moi. Pas plus. Mais pas moins non plus.

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