J’adore Paris, c’est tout ce que je déteste.

J’ai réalisé ça la semaine dernière, alors que je retrouvais mon cher quartier de Saint-Germain-des-Près pour quelques jours de promenades intensives entre le jardin du Luxembourg et les quais de Seine.
J’ai réalisé ça, en terrasse de la délicieuse Smiths Bakery rue de Buci. À ma gauche, deux copines discutent de leur fins de soirées alcoolisées. À ma droite, c’est moins drôle et ça me saoulera vite, deux copines discutent comme deux profs de philo de l’importance de la famille, de leur relation changeante avec leurs parents. Elles ont pas 25 ans, pourraient comme tout le monde dire « mes vieux me saoulent grave », mais choisissent, à la place, d’employer le vocabulaire de ceux qui aiment trop s’écouter. Alors qu’elles utilisent de plus en plus de mots complexes et formulent des phrases de plus en plus longues sans raison aucune, leur conversation tourne presque à la compétition. C’est à celle qui emploiera les termes les plus techniques et qui filera la migraine à l’autre en premier. C’est alors que ça me vient à l’esprit : c’est bien un truc de parisien ça, putain !

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Pourtant je reste là, à cette minuscule terrasse, à regarder passer les piétons pressés, chics ou excentriques avec une tendresse qui réapparaît chaque fois que je remets les pieds dans cette jungle. Et je me dis que j’adore Paris alors que c’est tout ce que je déteste : il n’y a pas la mer, c’est pollué, surpeuplé, parfois guindé, fermé, agité, cher. Et je me le (re)dit plusieurs fois, quand :
  • À peine le premier pied posé sur le sol du métro parisien, je me surprends à adapter ma vitesse à celle des gens autour de moi, qui courent après ces 3 minutes qui pourraient sauver leur soirée. Pourquoi je cours, moi ? JE SAIS PAS.
  • Je suffoque dans une minuscule cage d’escalier en colimaçon, avec moquette au sol.
  • Je paye un chocolat chaud 4,80€. Pour le plaisir d’observer les passants. CHÈRE, l’observation. Pourtant, je suis place Saint Sulpice, et je kiffe.
  • Je marche 14,4 km dans la journée sans sortir de l’arrondissement.

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  • Je choppe une crève monumentale grâce aux changements de températures métro/rue/magasin/sauna (bus).
  • Je réalise avec soulagement, une fois assise au jardin, que c’est la première fois de la journée que je n’entends rien d’autre que le silence. Le reste du temps, était-ce de la souffrance ?
  • Je croise des joggeurs à 23h15 en sortant d’un bar. Qui sont-ils ? Quel est leur problème ? La ville, j’en ai bien peur. Je ne vous explique pas dans quelle détresse mentale il faut être pour aller courir à une heure où plus aucun parc n’est ouvert, dans une ville surpolluée et désormais peuplée de gens festifs, fatigués et bourrés.

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  • Je cherche un arrêt de bus sur la place de la Concorde. Déjà, ça, c’est drôle. Sous une pluie battante, c’est encore mieux.
  • J’arrive à m’asseoir dans le bus en adoptant une position bien confortable, à savoir fesse gauche sur le siège, l’autre en l’air, l’épaule droite en avant et les jambes croisées. Comme ça, je peux tenir genre 3 minutes.
  • Je paye un p’tit dej 11,80€. Très bon, hein, mais très peu fourni pour ma faim matinale. Mais je suis rue Férou et j’imagine que c’est le prix à payer pour manger face au Bateau ivre de Rimbaud, alors je savoure mon jus pressé et mon mini pain au chocolat avant de retourner à une vie un peu plus normale. À ma mer. Si t’es pas convaincu(e), viens voir un peu.
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2 réflexions sur “J’adore Paris, c’est tout ce que je déteste.

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