Une heure à Paris 

Le hasard fait bien les choses : en partant pour le sud, ce vendredi, j’ai eu 1 heure à tuer dans Paris. 

Une heure entre deux trains, deux gares. C’est ce qui me restait en enlevant le temps perdu dans la queue pour acheter des tickets de métro, dans les couloirs qui mènent au quai de la ligne 4, puis celui à attendre ledit métro, et ce à l’aller comme au retour.
Une heure pour faire ce que je veux.
À Paris.
Ce que je veux faire à Paris, c’est simple et toujours la même chose : traîner dans le 6e. Je vais te montrer ce qu’on peut faire en 1h dans le 6è. Te raconter le bien que ça m’a fait. T’es prêt-e ?

14h45 : Je sors du métro Odéon. Joie totale de ressortir ici, de voir se dessiner le haut des bâtiments beiges, si beaux, si clairs, au fur et à mesure que l’escalator grimpe. Je dois être la seule sur cet engin à avoir le sourire, j’en suis bien consciente.
Je monte au carrefour de l’Odéon, prends la 2e à droite et aperçois vite le haut des tours de Saint-Sulpice. Que c’est beau, toutes ces petites boutiques dans lesquelles les plus petits pulls coûtent un rein. Et les devantures parisiennes, on en parle pas assez alors que c’est ça, la beauté.

Je croise un couple de sexagénaire, la dame perd son gilet (en cachemire ?) au moment où on se croise. Je lui ramasse, elle me remercie comme je remercie les radios quand elles boycottent enfin Mariah Carey mi-janvier après 3 mois d’acharnement christmas-ien. Il était sûrement en cachemire.
Je passe forcément dire bonjour à Catherine avant de monter au jardin du Luxembourg. Comme promis, il y a du monde qui prend le soleil sur la place, des vieux qui contemplent l’église, des enfants qui jouent et des amis qui papotent.
14h55 : Je traverse la rue Vaugirard à la parisienne, c’est-à-dire sans en avoir le droit, mais sans me faire écraser. Que c’est bon tiens, j’avais oublié !
Je dépasse 2-3 vieilles et voilà que j’entre dans le jardin en même temps que l’allergie au pollen entre dans mon système. La destination, c’est les sièges devant les terrains de tennis, comme avant tous les jours, comme avant tous les dimanches. Mes pieds sur la chaise, mon front au soleil, le doux bruit des balles en fond sonore, je cherche le Père Noël du Luxembourg : il est forcément là. En attendant, on est bien ici et je me demande comment on fait pour vivre sans une ballade dans ce jardin une fois de temps en temps. Mal, probablement.
15h10 : C’est le moment de se lever, de quitter le jardin et de se diriger vers une terrasse. En partant, je tombe nez à nez avec….LE PÈRE NOEL. Non mais la vie !
15h15 : Pause bien méritée au Café Madame dans cette journée surchargée. Nan j’déconne, j’ai rien foutu. Mais je paye quand même 4,90€ mon Perrier. Je suis face à la boulangerie qui m’a sauvée bien des matins et dans cette rue où j’ai croisé Souchon. J’attends Catherine, en gros.

15h45 : Catherine n’est jamais venue. Assez regardé les gens, c’est l’heure d’aller à la Smiths Bakery pour un goûter que j’emporterai dans le train et que je dégusterai avec ce plaisir qu’on a quand on retrouve le charme de la valeur sûre.
15h48 : Je crois que je viens de croiser Yodelice et que ça va pas plaire à ma pote Gwen.
15h50 : Rue de Seine, je suis une dame au style parisien impeccable. Long trench beige, cheveux courts et cigarette à la main. Ces parisiennes de 60 ans et plus qui fument et déambulent comme des mythes ambulants me fascinent. Je m’attends toujours à voir Françoise Hardy et Serge Gainsbourg débarquer. Oui, je l’ai filmée. Évidemment.

16h : Madeleine ? Cake marbré ? Pistache ? Choco-banane tiens, j’ai jamais pris. La dame me salue, moi, bien sûr que je la reconnais, mais elle ? Elle reconnaît ma tronche, moi qui venais pour le petit déjeuner, le dejeuner, le goûter et le dimanche soir pour sa quiche tomate mozza ? Son sourire me laisse penser que oui. Une commerçante parisienne qui sourit, je crois que ça veut forcément dire quelque chose. Je vais choisir de le croire, en tout cas.

Je repars rue de Buci, regarde les gens assis en terrasse, ceux qui sont au jus d’ananas et ceux qui sont déjà à la bière, ceux que je voyais souvent et ceux qui viennent chercher le charme à la française si présent dans ce quartier. On est tous ravis au plus haut point d’être là, je crois. Je vois qu’une façade a fleuri, qu’une brasserie à fait peau neuve, que le Procope est toujours le même, que ma porte d’entrée est toujours aussi belle, que la vie n’a pas changé dans le 6è.

Sauf cette façade qui a pris en verdure
Ce petit shot de Saint-Germain fut merveilleux. On se revoit à Roland Garros, Paris.
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